Mademoiselle Maurice
Née et ayant grandi dans les massifs haut-savoyards, Mademoiselle Maurice est une artiste française qui n’aime pas trop les cases mais beaucoup plus les arcs-en-ciel et leurs couleurs spectrales. Actuellement installée à Marseille, l’essence de son travail actuel est née au Japon, pays où elle a vécu une année. A la suite de cette année au pays du soleil levant, et des tragiques événements du 11 mars 2011 (tremblements de terre, tsunami et explosion de la centrale nucléaire de Fukushima), pendant qu’elle vivait à Tokyo, elle décide de commencer à composer ses œuvres urbaines en lien avec ces faits. Elle s’appuie sur la légende des 1000 grues et sur l’histoire de Sadako, petite fille ayant vécu le drame d’Hiroshima. Tout a commencé pour dire NON à l’énergie fossile et nucléaire. Mademoiselle Maurice élabore puis crée au sein de son nouvel atelier « perchoir » de la cité phocéenne d’innombrables œuvres colorées, portant les fruits d’un parcours riche d’influences et d’enseignements.
Via le papier, la peinture, le métal ou encore d’autres techniques mixtes et « de recyclage », elle donne naissance à des œuvres en prise directe avec son quotidien. Ses matériaux fétiches étant le papier, le métal et tous les éléments de récupération possibles, elle aime mettre en forme ces matériaux de manière complexe. Surgissant de la grisaille des villes, voit donc le jour une nébuleuse d’œuvres rompant avec la monotonie urbaine. Véritable ponctuation de la ville comme de sa vie, l’œuvre de cette artiste débordant d’imagination s’affiche radicalement hors les murs.
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Dire 132
Passionné très jeune par le dessin, Dire débute dans le milieu du graffiti en 1989 et forme son premier crew, PG, avec Mask. Il développe son style en croisant la route des ISK et des TC, pour finir par rejoindre le crew 132 (Marseille – Paris). Sollicité par de nombreux festivals, il intervient sur des événements tels que Solidays à Paris, Graffiti Art à Bruxelles, Salon International de la glisse à Grenoble, Jidar à Rabat… Parallèlement, Dire poursuit un cursus en Arts Appliqués. Tout en continuant le graffiti, son Art évolue vers l’objet et le design. De cette fusion, émerge un style alliant graphisme et figuratif. Toujours investi dans l’univers du graffiti pur et dur, Dire se rapproche cependant du Street-Art depuis quelques années; tout d’abord par des séries de collages, puis par des travaux sur papier et toile.
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Cette œuvre a été commandée par la Ville de Saint-Raphaël dans le cadre de la 3ème édition de son festival « Résonances urbaines » (1er au 13 juin 2021). La thématique émane d’un projet d’Education Artistique et Culturelle en milieu scolaire, dans une démarche pédagogique autour du « devoir de mémoire » en lien avec la « Journée nationale de la résistance » organisée chaque année le 27 mai. Les enfants des classes de CE2 au CM2 de l’Ecole Monge Roustan ont pu rencontrer les 2 artistes pour découvrir leur univers artistique et l’art urbain. Positionnée sur le Bd Jean Moulin et près de l’école maternelle du même nom, la fresque rend hommage aux héros et aux martyres de la résistance avec notamment le portrait de Jean Moulin. Le 27 mai 2021, une cérémonie patriotique en présence de Monsieur le Maire et des élèves a inauguré cette œuvre et clôturé ce projet pédagogique.
Dire 132 : « La conception s’est faite en collaboration avec Mademoiselle Maurice. Au départ on était partis sur une fresque sur fond noir. Personnellement j’avais décidé de ne pas reprendre le portrait de Jean Moulin le plus connu avec son chapeau, déjà fait et trop vu; je souhaitais montrer une autre facette du personnage. Dans ce travail de conception, je voulais aussi rappeler le «pourquoi du comment ». Bref, illustrer ce contre quoi il s’était battu, le nazisme, et ce contre quoi il avait résisté, l’occupation et la discrimination. Après réflexion, sur le lieu de réalisation de ce mur, sur son environnement, et sur la perception de l’œuvre, on a décidé d’un commun accord de prendre une autre direction que celle des esquisses d’origine. En effet le résultat était beaucoup trop sombre. Il connotait trop une pulsion de mort, à l’opposé de ce qu’il fallait pour une école. Donc, nous sommes revenus à une œuvre sur fond blanc, et plutôt que d’illustrer la guerre, j’ai préféré un résultat plus positif, à savoir la vie et la libération. J’ai donc choisi de rajouter une photo de la foule à la libération de Paris. Notamment avec des personnages féminins, car mon travail mettant en avant et en valeur la femme, la boucle était bouclée. Les personnages sont joyeux, ils crient leur joie d’être libérés, faisant le signe V pour la victoire, mais pour moi c’est le V de la vie, c’est pour ça que nous avons intitulé cette collaboration « Pulsion de Vie ».
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Anecdote de l’artiste lors de la réalisation de l’oeuvre :
« - Beaucoup de concerto de klaxons, de pouces levés, de bravos, de sourires...à toutes heures de la journée, beaucoup d'encouragements qui faisaient plaisir.
- Une mamie passe de bon matin, s'arrête, regarde l'œuvre et m'intercepte pour simplement me dire : "merci ça donne du Peps !"
- un couple d'habitants proches de l'œuvre a observé l’avancement de leur fenêtre à la jumelle... ils ne sont quasiment pas sortis durant le confinement...Leur première sortie dehors a été de venir voir la fresque de plus près
- Les exclamations émerveillées des enfants de l’école depuis leur cour de récréation : "c'est beau", "waoooouuuuu", "trop classe"…. »
